Origine du streetwear : Quand a-t-il été créé ?

18 janvier 2026

Jeune homme décontracté dans une ruelle urbaine graffiti

1978. Sur la côte Ouest, des gamins en Vans dévalent les rampes de skate. À New York, les murs vibrent sous les bombes de peinture, et les platines crachent les tout premiers morceaux de hip-hop. Ce ne sont pas les magazines ni les grandes maisons qui dictent la tendance, mais la rue elle-même, laboratoire vivant où s’inventent chaque jour de nouveaux codes. Le streetwear n’a pas attendu qu’on l’invite à la table de la mode : il s’est imposé, brut, sans protocole.

Du Bronx à Venice Beach, la décennie bouscule l’ordre établi. Les marques indépendantes percent à côté des géants, portées par des communautés qui se tiennent loin des tapis rouges. La musique, le skate, les graffitis : tout se mélange, s’entrechoque. Rapidement, les genres se croisent, les codes se réinventent. Ce bouillonnement donne naissance à des alliances surprenantes, à des styles hybrides qui, aujourd’hui encore, nourrissent l’identité mouvante du streetwear.

Le streetwear, reflet d’une époque et d’un état d’esprit

Impossible de réduire le streetwear à une collection de sweats ou à un simple style vestimentaire. À l’origine, c’est un souffle nouveau, une manière de vivre et de s’affirmer. On le retrouve partout : dans la rue, sur Instagram, dans les clips, sans distinction d’âge, de genre ou d’origine. Hommes, femmes, ados ou adultes, chacun s’approprie ce mouvement pour raconter qui il est, sans filtre.

Ce qui frappe dans le street style, c’est la liberté de mixer. On assemble des pièces larges, des logos bien visibles, des vêtements venus du sportswear, on y glisse une touche de luxe, parfois une inspiration underground. Le look streetwear devient alors l’expression d’une individualité farouche. Pas de règle imposée, si ce n’est celle du confort et de l’audace. On brouille les pistes, on saute les barrières sociales, on s’amuse à réinventer l’apparence.

L’aspect unisexe occupe une place centrale dans le style streetwear. Les frontières du masculin et du féminin s’effacent, laissant place à des silhouettes fluides, qui épousent toutes les morphologies. La streetwear culture fait écho aux aspirations d’égalité et de diversité, tout en restant ancrée dans le quotidien. Cette mode a beau séduire les podiums, elle puise sa force dans la rue, là où les tendances prennent vie et se renouvellent sans cesse.

Quand et comment le streetwear a-t-il vu le jour ?

Pour comprendre la naissance du streetwear, il faut remonter aux années 1970 et 1980, entre New York et Los Angeles. D’un côté, le hip-hop, le graffiti, les block parties et la sneaker culture rythment l’Est américain. De l’autre, la Californie invente une attitude, marquée par le surf, le skate et l’esprit DIY. Ces deux univers, nés en marge, vont rapidement irriguer la culture streetwear, bien avant que la mode ne s’en empare.

À Laguna Beach, Shawn Stussy commence par apposer son nom sur des planches de surf, puis sur quelques t-shirts. Ses logos, griffonnés à la main, deviennent l’emblème d’une jeunesse qui revendique rareté et exclusivité. Dapper Dan, à Harlem, réinvente le luxe pour la rue : ses créations détournent les grands noms de la couture pour offrir aux artistes hip-hop des pièces introuvables ailleurs. James Jebbia lance Supreme en 1994, fusionnant l’univers du skate, de l’art et de la musique. Pendant ce temps, Hiroshi Fujiwara fait voyager le mouvement jusque dans les rues de Tokyo.

Voici les points phares de cette émergence :

  • New York : Le hip-hop, le graffiti, la culture sneaker s’imposent comme des marqueurs identitaires.
  • Los Angeles : L’influence du skate, du surf et du DIY imprime un style distinct, libre et souvent provocateur.
  • Marques pionnières : Stüssy, Supreme, puis rapidement Nike et Adidas qui flairent le potentiel de ce nouvel univers.

La mode streetwear se détourne des circuits officiels, bâtissant ses propres règles. Les premières marques streetwear s’appuient sur la rue, sur l’esprit communautaire, sur des séries limitées qui attisent la convoitise. Plus qu’une tendance, le streetwear devient un manifeste, une façon de remettre en cause les normes de l’industrie.

Des influences multiples : musique, art et mouvements sociaux

Le streetwear ne sort pas de nulle part. Il puise son ADN dans la musique, l’art urbain et les combats sociaux. Dès la fin des années 1970, le hip-hop transforme la mode : baskets Adidas blanches, pantalons larges, chaînes dorées, casquettes vissées sur la tête. Run-DMC fait de la sneaker une icône, un symbole d’affirmation et de rébellion.

Simultanément, l’art de rue explose. Les graffeurs recouvrent les wagons du métro new-yorkais de couleurs et de messages. Spike Lee capte cette énergie sur pellicule, reliant la force brute de la rue à la scène artistique. À l’Ouest, les skateurs cultivent un style ample, jouent avec les logos, customisent leurs fringues à la main.

Dans les années 1990, les collaborations se multiplient. Nike et Adidas tendent la main aux créateurs, effaçant la frontière entre sport et culture urbaine. Plus récemment, Kanye West ou Virgil Abloh dynamitent les codes, rapprochant la mode de luxe et le streetwear. Gucci s’approprie le survêtement, Jay-Z s’en empare dans ses clips. Les frontières s’effritent, le style vestimentaire gagne en puissance expressive.

Le streetwear style devient un terrain de création collective. Il valorise la diversité, la mixité, l’unicité. Les mouvements sociaux, les revendications d’égalité, s’inscrivent durablement dans cette culture, lui donnant une légitimité nouvelle face à l’industrie de la mode.

Adolescente assise dehors en train de lacer ses chaussures

Pourquoi le streetwear fascine et continue d’évoluer aujourd’hui

Ce qui séduit dans le streetwear, c’est sa capacité à absorber les influences, à transformer l’air du temps en vêtements porteurs de messages. Sweat-shirts oversize, sneakers rares, casquettes ou t-shirts sérigraphiés : chaque pièce dit quelque chose. Le look streetwear n’est pas une mode figée, c’est une prise de parole. C’est affirmer une différence, refuser la standardisation imposée par la mode de luxe ou le prêt-à-porter classique.

Le secret du mouvement ? Sa capacité à inventer sans cesse, à réunir des publics divers. Les alliances entre marques historiques et jeunes créateurs, l’arrivée de la haute couture dans l’univers du sweat et du jean ample, bouleversent tous les repères. Les réseaux sociaux accélèrent la donne : les tendances se répandent à une vitesse fulgurante, les boutiques en ligne et les stratégies d’influence propulsent de nouvelles pièces, les séries limitées entretiennent la fièvre de la rareté.

Voici ce qui façonne l’attachement au streetwear aujourd’hui :

  • La mixité sociale qui gomme les différences d’âge, de genre ou de classe.
  • La recherche de pièces exclusives ou d’avantages comme la livraison offerte, qui fédèrent une vraie communauté autour des mêmes passions.
  • Le prix, loin d’être un simple critère, devient parfois un signe de distinction, un marqueur d’appartenance à un groupe.

La préférence pour l’oversize, la silhouette fluide, le confort sans contrainte, tout cela fait du streetwear une alternative à l’uniformité ambiante. C’est le refus du conformisme, l’envie de détourner les codes, de garder une longueur d’avance. Ici, chaque vêtement raconte une histoire, et la rue demeure la seule scène qui compte vraiment. Le streetwear ne cesse de se réinventer, prêt à absorber le prochain souffle créatif venu du bitume ou du web.

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